Rencontre avec Pauline Fouchereau, Directrice de la Cave Coopérative des Vins de Bourgueil


Pauline Fouchereau dirige depuis 9 ans la cave coopérative des vins de Bourgueil, l'une des plus importantes du vignoble avec ses 70 vignerons et une production de 15 000 hl par an.


La cave coopérative de Bourgueil - Crédit photo : Dominique Postel Nouvelles Gastronomiques de Touraine
La cave coopérative de Bourgueil - Crédit photo : Dominique Postel Nouvelles Gastronomiques de Touraine
Juste après le petit village pittoresque d'Ingrandes de Touraine, depuis la route de Tours qui traverse le vignoble bourgueillois*, on aperçoit de loin le vaste bâtiment de la Cave Coopérative des Vins de Bourgueil. Une grande bâtisse qui s'élève en plein champs de vignes, et qui rassemble aujourd'hui 70 viticulteurs soit environ 290 hectares de vignoble vinifiés à la cave sous l'appellation Saint Nicolas de Bourgueil. A la tête de cette coopérative (créée en 1931) depuis 9 ans, la Saumuroise Pauline Fouchereau, 36 ans, fille et femme de vigneron, devenue œnologue non par passion mais par intérêt pour le vin et sa connaissance quasi scientifique. Recrutée comme directrice technique elle collabore depuis son arrivée avec deux autres « drôles de dames » Yolande Renou, 58 ans, présidente de la coopérative, elle aussi dans le vin depuis l'adolescence, et Amélie Pelletier, oenologue. récemment intégrée dans l'équipe au poste de Maître de Chai.

Les nouvelles cuves en inox de la coopérative crédit photo : Dominique Postel Nouvelles Gastronomiques de Touraine
Les nouvelles cuves en inox de la coopérative crédit photo : Dominique Postel Nouvelles Gastronomiques de Touraine
Le trio féminin, gère de main de maître et dans une ambiance familiale cette cave historique qui produit chaque année près de 15 000 hl de Bourgueil. Au total 90% des volumes vinifiés sont commercialisés pour la vente en bouteilles le reste est destiné à la vente en vrac. Soit un volume de 15 000 bouteilles vendues directement en boutique contre la moitié en circuit traditionnel sur un périmètre de 20km autour de la coopérative. La production est distribuée par Alliance Loire , dont 60% est orientée vers la grande distribution. Le créneau traditionnel (cafés, restaurants, hôtellerie, commerces) en absorbe 30%. Les 10% restant sont répartis, à parts égale, sur l'export et la vente en directe à la coopérative.

Les vins de Bourgueil séduisent un large public. Cette appellation AOC s'étend sur deux terroirs bien particuliers, qui donnent naissance à deux vins bien marqués . « Les vins de Bourgueil vont pouvoir satisfaire à la fois une clientèle de non connaisseurs sur des vins légers, fruités et souples, des vins de printemps, élaborés à partir de raisins provenant de sols de sables et graviers. . Tandis que des clients plus aguerris apprécieront des Bourgueil issus de sols argileux et calcaires, aux tanins plus marqués et avec une bouche plus structurée, des vins de garde principalement ». Au final les vins de AOC Bourgueil sont des vins que l'on retrouve régulièrement en restauration car ils peuvent assez facilement s'accorder en fonction des cartes de saison. 

Les brunchs de la Coopérative

Les brunchs de la Coopérative - Crédits photos : DR
Les brunchs de la Coopérative - Crédits photos : DR
De Juin à septembre tous le jeudis matin, la Coopérative des Vins de Bourgueil accueille le public à bord d'une barque de pêcheur sur la Loire pour une balade touristique et oenologique. La Martinienne bateau traditionnel et propriété du Musée des Mariniers à Chouzé sur Loire, embarque touristes épicuriens et amoureux de la Loire pour une traversée un peu particulière. Au fil de l'eau, lors d'une ballade d'une heure, à bord de la Martinienne une dégustation de produits locaux et de vins de Bourgueuil et de Saint Nicolas de Bourgueil est proposée.


Trois questions à Pauline Fouchereau, Maître de Chai à la coopérative des Vins de Bourgueil

Pauline Fouchereau, Maître de Chai à la coopérative des Vins de Bourgueil - Crédit photos : Dominique Postel Nouvelles Gastronomiques de Touraine
Pauline Fouchereau, Maître de Chai à la coopérative des Vins de Bourgueil - Crédit photos : Dominique Postel Nouvelles Gastronomiques de Touraine
C'est une question qui vous est souvent posée : la structure majoritairement féminine de la Coopérative c'est un réel atout pour le travail de la vigne ?
Lorsque je suis arrivée à la coopérative il a fallu faire me accepter ; la collaboration n'a pas été évidente tout de suite, j'ai été "testée par les équipes, mais finalement ils m'ont jugée et appréciée pour mes compétences. Petit à petit ils ont appris à apprécier le travail féminin autour du vin. Lorsque j'ai du moi même recruter, j'ai constaté que le courant passait mieux avec les techniciens lorsque les décisions étaient prises par des femmes. Par ailleurs, l'abord féminin du vin est différent. On est aussi beaucoup plus dans l'échange et l'écoute et le compromis pour expliquer ou faire passer les choses. »

Quelles sont les principales contraintes rencontrées dans la gestion d'un domaine comme celui ci ?
Tout d'abord, comme c'est une coopérative, on est beaucoup dans le relationnel, le social presque ! Il faut contenter tout le monde. Ensuite il est clair que les coûts de structure sont très importants et que les prix pratiqués ne sont pas toujours adaptés à ces charges, d'autant que les exigences en termes d'hygiène sur les outils de production, nous imposent des investissements quasi permanents et aussi très coûteux. Le risque, au final, c'est de diminuer la valeur du produit. Il faut donc accepter de se diversifier en termes d'activités. Nous travaillons sur des projets d'oenotourisme, par exemple, en ouvrant à la visite au grand public, en faisant découvrir le domaine via des animations ludiques, et de dégustation en partenariat avec des producteurs locaux. Nous avons également un rôle pédagogique et de transmission à assurer pour expliquer au grand public le travail de la vigne. Et bien sûr, notre principale contrainte c'est bien sûr la météo. Ici on ne fabrique pas du coca. Notre matière première étant le raisin, il faut s'adapter en permanence aux aléas du temps.

Une grande partie des vignerons qui travaillent avec vous ont adopté des méthodes de travail de type bio voire travaillent en bio dynamie? Est ce une simple tendance ou une vraie nécessité ?
Nos viticulteurs travaillent quasiment tous tous en lutte raisonnée. Deux viticulteurs de la coopérative travaillent leurs vignes en bio mais pas en en bio-dynamie. Je reste d'ailleurs un peu réservée sur cette méthode, même si travailler en accord avec les cycles de la lune peut avoir du sens. Personnellement j’apprécie les techniques et méthodes naturelles et raisonnées, notamment pour le traitement phytosanitaire raisonné des vignes. Les traitements naturels à base de Prêle, d'Ortie, semblent plutôt bien fonctionner.. L'apport de connaissances sur ces traitements face au développement des maladies, permet bien sûr de réagir de meilleure manière sur l'environnement.


Par Dominique Postel
Crédits photos : Mar’y Bo’at, Pauline Fouchereau, Dominique Postel

Cave Coopérative de Bourgueil
16 rue des Chevaliers
37140 Restigné
02 47 97 32 01
http://cavedebourgueil.com


Lundi 9 Novembre 2015








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